EP #2 : Les blocages de la vie

Reflex'Ions
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EP #2 : Les blocages de la vie
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Transcription textuelle du podcast

Bonjour et bienvenue pour ce deuxième épisode de Réflex’ions !

Aujourd’hui j’étais dans un coin de forêt où je n’entendais aucun oiseau, absolument rien. Peut-être rarement un froissement d’ailes, sinon le silence d’une forêt comme stérile, mais un silence apaisant, grâce au grincement des branches des arbres qui s’entrechoquaient parfois entre elles.
Cela m’a fait penser qu’il arrive qu’il y ait ce même silence, dans la vie, quand rien ne bouge mais que tout est calme, serein. Mais parfois, ce n’est pas ce silence apaisant, c’est le silence lourd, généralement lié à un manque, qu’il soit celui d’être compris, ou bien d’une présence, le manque d’argent, d’amour, de rire, etc. Ce moment où un problème semble s’enraciner comme une mauvaise herbe, si je puis dire. On attend quelques chants d’oiseaux, quelques mélodies, on attend une sorte de signe un peu fantastique pour nous dire : « Regarde comme tout est beau, comme tout est magnifique, regarde, écoute, l’instant est merveilleux ! », mais ce signe ne vient pas et nous sommes là, dans notre vie, pris dans un carcan, immobile, dans une attente toujours confuse.

Cela m’a rappelé une émission que j’ai vue il y a quelques temps dans laquelle était interviewée Isabelle Nanty, une actrice que j’aime beaucoup, et je dirais même une âme que j’aime beaucoup. Elle expliquait quelque chose qui m’a vraiment frappée. En somme, elle parlait d’un explorateur norvégien qui, au début des années 1900, a constitué toute une équipe et a fait construire un bateau capable de supporter le gel de l’eau et les conditions extrêmes du Pôle Nord. C’était là un projet audacieux car l’équipage allait s’enfermer pour plusieurs mois dans les glaces. Ils se sont donc laissés emprisonnés et, pendant tous ces mois, ils ont essayé de trouver diverses occupations en attendant la fonte. Malgré les conditions difficiles, ils ont tenu bon et, lorsque les glaces ont commencé à fondre, ils se sont rendu compte qu’ils étaient à des kilomètres et des kilomètres de leur point d’emprisonnement. Ce qui est beau c’est que, d’une part scientifiquement, cet explorateur-là a réussi à prouver, toutefois partiellement, qu’il y avait du mouvement au niveau des glaces, mais spirituellement, si on rapporte cela à la vie, à l’immobilisme, lorsqu’on se sent complètement pris dans cette attente confuse dans la vie, où on se dit que tout est bloqué, que rien n’avance, que rien ne va, eh bien, lorsqu’enfin ça se débloque, on se rend compte qu’il y a quelque chose de plus grand que nous, qui nous dépasse, qui a travaillé pour nous, en silence, et qui nous a menés bien loin de là où on était initialement bloqués, pour pouvoir mener à bien le déblocage.

L’attente permet d’aller d’un point A à un point B de notre vie sans que nous aurions imaginé cela possible. C’est un mouvement silencieux, comme un secret gardé par les anges. Il faut l’attente, l’emprisonnement, les glaces, le froid de la douleur, la brûlure des épreuves, tout ça dans ce semblant d’emprisonnement, pour que le meilleur arrive enfin. Tout bouge, la vie est mouvement, constamment. L’attente est une gestation, car souvent, nous ne sommes pas prêts. Le vœu que l’on a fait requière du temps, et donc de la maturation. Parfois, ça va passer par des moments d’immobilisme, où l’on doit avancer les yeux bandés dans cette sensation d’emprisonnement au sein d’une situation. En laissant le temps au temps, on laisse le silence faire ce qu’il nous est impossible de faire. La vie semble nous retenir entre ses griffes gelées, parce qu’il faut attendre, il faut ce silence, il faut la froideur et la brûlure, il faut l’endurance. Et durant tout ce temps, on vous dira sûrement dans notre époque arrosée de développement spirituel qu’il faut « rester positif », mais être positif ne veut pas dire supprimer l’épreuve, la douleur, ou supprimer, en tout cas, la réaction tout à fait normale, humaine, qui suit l’épreuve et qui se nomme douleur. Comme disait Bouddha, la douleur est certes inévitable, mais la souffrance est facultative.

Il est vrai que lorsqu’il nous arrive quelque chose, surtout lorsqu’on est totalement bloqué, on va jurer, parce que tout ça, après tout, c’est la faute de Dieu, qu’est-ce qu’on a bien pu lui faire, nous ? C’est souvent la question qu’on pose : « Qu’est-ce que j’ai bien pu faire ? » C’est surtout, finalement : quel cycle ai-je terminé, quelle nouvelle leçon dois-je apprendre, vers quoi est-ce que mon évolution me mène ? Tout n’est qu’apprentissage.

Si la douleur est inévitable et que la souffrance est facultative, cela veut dire qu’on a tout à fait le droit de ressentir la douleur et tous ces échos durant le temps qu’on estimera bon pour guérir de cette douleur. Mais la souffrance, c’est la faire traîner comme un boulet pendant des années la plupart du temps, alors qu’il suffit juste de décrocher le boulet et d’accepter de vouloir guérir d’une douleur. Elle était inévitable parce qu’elle était nécessaire à notre épanouissement, à ce que nous soyons prêts pour ce que nous avons demandé. Plus on nourrit la souffrance moins on avance. Et donc, on attend, encore, et encore. On est bloqué, dans une situation, et le froid de la stagnation engourdi nos espoirs. Pourtant… tout bouge. Simplement le savoir, et accepter que l’on ne puisse rien n’y faire pendant ce temps, permet d’apaiser les cœurs anxieux.

Il y a aujourd’hui beaucoup d’enseignements sur ce que l’on pourrait appeler l’happycratie, autrement dit une sorte de joie et de pensée positive obligatoire même durant les moments difficiles. Mais la douleur est une nécessité parce que nous en avons besoin pour grandir, pour se forger, pour acquérir de nouveaux talents, pour être prêts pour ce que nous avons demandé, à voix haute ou dans notre cœur, par un vœu exprimé ou par le désir à travers la pensée récurrente, parfois sans s’en rendre compte. C’est là que l’on voit à quel point tout ce qui arrive est parfait. Ce n’est juste qu’une conséquence.

Alors parfois, il y a l’attente et le silence lourd qui suit la douleur. Nous aussi nous sommes comme cet explorateur norvégien, qui voit l’eau se geler progressivement et des plaques de glaces se former tout autour de son bateau. Oh oui, on le comprend très vite, on va souffrir, ça va être compliqué, les glaces vont nous refroidir, parfois nous brûler par l’intensité de leur degré négatif, mais elles ne durent jamais non plus. Elles sont aussi en mouvement et fondent et se reforment et fondent et se reforment encore. Avec cet exemple, nous en venons une fois de plus à cette eau aux multiples visages, aux multiples formes, l’eau dont nous sommes faits également. Finalement, le divin se sert de tout et de tous pour arriver à ses fins, ces dernières étant de nous rendre toujours plus forts mais meilleurs, toujours meilleurs mais droits et, assurément, nous rendre heureux.

Il y a des blocages qui sont terribles parce que vous allez peut-être cruellement manquer d’argent, vous ne pourrez pas manger à votre faim, il y aura peut-être des enfants avec vous ; vous allez cruellement manquer d’amour et alors la dépression guette et le corps en pâtie avec l’arrivée de médicaments. Mais il suffit de tenir bon, tenir bon, simplement tenir bon, sans aller dans cette happycratie hypocrite. Dire oui, c’est douloureux, oui, c’est épuisant, oui, l’âge ne peut plus porter le poids de l’épreuve, mais c’est quand on approche du bout de ce qu’on est capable de supporter qu’enfin la révélation, le miracle, le signe que l’on attendait, arrive enfin.

Se plaindre n’est pas une option. Il y a une phrase que j’aime beaucoup qui dit : « Si tu as le temps de te plaindre, tu as le temps de prier. » Je trouve que c’est tellement juste. Prier et non pas se plaindre. Espérer et non se lamenter. Avancer, sans s’auto-saboter. Prit dans les glaces, il faut avoir foi sachant qu’elles sont en mouvement, qu’elles emmènent le bateau de votre existence et l’équipage de votre cœur à leur divine destination. Il y a des courants qui travaillent, le mouvement de la vie qui continue et qui vous guide là où vous devez absolument être. Avec le recul vient l’acceptation, et on apprend à ne plus vouloir comprendre. On l’accepte, simplement, parce que l’on n’y peut rien faire. Est-il nécessaire de savoir pourquoi la vie nous bloque ? Pourquoi de cette façon et pas autrement ? L’acceptation fait tout le travail de soulagement, et la résilience propose d’autres temps heureux. Le chemin est long, mais comme on dit également : « Ce qui compte ce n’est pas le Graal, c’est la quête. »

Lorsqu’on vous demandera : « Mais comment tu as fait pour y arriver ? Comment tu as réussi à résister à tout ça ? Qu’est-ce que tu pourrais conseiller à ceux qui sont dans ce cas-là ? » Vous n’allez pas parler du Graal, bien évidemment. Vous n’allez pas dire comment il est, qu’est-ce que ça vous a fait de la trouver, parce que ça n’a tout simplement pas d’importance. Ce qui va compter, c’est par quoi vous êtes passé, comment vous avez géré. D’ailleurs, si on lit des biographies de personnes connues qui ont vécu l’enfer, qui souvent même étaient SDF ou qui sont partis de zéro, systématiquement, ce dont ils parlent, c’est de l’épreuve. Ils affirment que le succès n’est rien, que le succès n’a pas de goût, qu’avoir le Graal ne procure pas de plaisir réellement. C’est comme une sorte de soulagement, quand on le tient en main et que l’on se dit : « Enfin ! Enfin, je suis arrivé ! » Tout le reste n’est qu’une conséquence, succès, bonheur, abondance sans fin… Le message envoyé par ces personnes-là, c’est d’endurer parce que la peine ne dure jamais. C’est d’accepter ce que l’on ne peut pas changer, avoir foi en ce mouvement invisible tout en faisant de notre mieux.

Je pense que si vraiment vous voulez que l’épreuve termine le plus vite possible, que la froideur et que la brûlure enfin disparaissent, cessez de vous mentir à vous-même. Soyez absolument qui vous êtes, à tous les niveaux, dans tous les domaines, soyez vraiment ce que vous sentez que vous êtes à l’intérieur. Abandonnez-vous au processus divin. Faites confiance. Lâchez. Vivez, une seconde après l’autre, en faisant de votre mieux. Ne pressez rien, soyez patient, laissez l’eau effectuer son travail, laissez Mère Terre agir comme elle doit le faire, laissez son mouvement lent s’opérer, ne pressez pas, Dieu travaille lentement et, tout à l’écoute, il vous contentera comme vous l’espérez, simplement parce que vous travaillez vous-même, de l’intérieur, au cœur de ce blocage, à vos désirs les plus profonds. Cependant, même si ce ne sont que les désirs sincères qui savent trouver la voie de la vie, ce qui vous sera refusé ne doit pas être vécu comme un blocage sans fin, mais comme une terre stérile d’où rien ne surgira. Évitez de confondre les glaces nécessaires au cycle de la vie, et l’enfermement inconscient dans une salle réfrigérée. Seule l’abandon de soi et l’acceptation de ce qui est vous permettra de sentir, intuitivement, le mouvement divin opérer sa manœuvre céleste. Pour le Plus Grand Bien.

Réflex’Ions est un podcast spirituel animé par Ange de Gaïa.
Au fil du chemin, au coeur de la nature, lui sont inspirés des thèmes qu’elle partage ensuite, flamme après flamme, pour éclairer les coeurs enténébrés.