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Avel et Mor : les fiançailles de la mer et du vent

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Ce billet de blog a une histoire spéciale, autant que cet album dont je veux vous parler. J’en avais commencé le brouillon il a y plus de six mois maintenant, comme pour matérialiser un rêve, entrer dans un songe et ramener d’un monde merveilleux, un peu de poudre de fée… Voici ce que j’avais écris :

Alors que j’écris cet article, cela fait un mois que je n’ai plus d’eau chaude ni de chauffage. C’est un mois de décembre sans réconfort, servit par une chaudière mourante. En ce 29 décembre, j’ai tellement, tellement envie d’un bain… Un bain chaud, parfumé, délassant, dans lequel chaque clapotis serait comme un écho à ces mondes oniriques que je fréquente si souvent. Pendant que je rêverais encore des côtes irlandaises ou britanniques, c’est mon album favoris « Avel et Mor : les fiançailles de la mer et du vent » que je choisirais pour m’accompagner.

C’était donc fin 2025, quelques petites semaines avant la fin de mon calvaire de cinq années en Ardennes, et globalement d’une vie à subir les aléas du Destin. Plus de travail, plus d’argent, divorce, rejet, le décès de mes deux vieux chats à un mois d’écart, une location en ruine, dangereuse, froide et humide, un arrêté préfectoral dessus, un propriétaire inconscient et agressif : je croulais sous la boue et le remblais divin. J’étais à bout, et aujourd’hui je peux dire que j’étais au bout du bout, et qu’il n’aurait pas été possible d’aller plus loin ! 2026 est arrivée, et le 26 janvier, enfin, après un miracle (ni plus ni moins), j’entrais dans ma nouvelle maison, de retour dans le Nord, seule, dépouillée, avec des sacs de courses en guise de cartons de déménagement et des allers-retours furtifs en voiture, sur deux semaines, pour récupérer les lambeaux de ma vie matérielle. Mais tous les soirs, je revenais ici, dans ce petit village de l’Avesnois, je dormais sur le sol et je baisais de gratitude le mur de mon refuge.

Lorsque j’ai eu terminé de déménager, que mes enfants étaient en sécurité, je me suis accordée ce bain. Parce que de nos jours où la plupart des logements s’offrent une douche à l’italienne, ici, j’ai une baignoire. Alléluia ! j’ai choisi mon plus précieux sel de bain, j’ai installé le poste, et pendant que mon éternel « Avel et Mor » se jouait pour mon plaisir, comme je l’avais rêvé, je plongeais dans mes eaux nouvelles, mon bain de renaissance.

Aujourd’hui, nous sommes le 8 juillet, et mon bonheur est grisant ! Ma solitude est pleine de fleurs, de mots et de musiques, et tous les soirs je regarde le village s’endormir sous les cris de la chevêche d’Athéna prenant le relais du chant du Roi Merle. Tandis qu’il donne de la voix en cette fin d’après-midi, j’avais le profond désir d’offrir ce billet à cet album qui est mon baume et ma douceur musicale depuis 25 ans !

C’était en 2001, si je ne m’abuse, quand on me l’a fait découvrir en me disant : « Tiens, ça te plairais sûrement ça ! » Et comment que ça m’a plu ! Et depuis, en effet, la plupart de mes bains se font en compagnie de cet album créé par Philip N’Bess et Karin Nobbs. De manière générale, je l’écoute lorsque j’ai besoin d’apaisement, de me recentrer, de « rentrer chez moi ».

« Avel et Mor : les fiançailles de la Mer et du Vent » – Philip N’Bess & Karin Nobbs – Origins- 1999

Cet album faisait parti de ces présentoirs à CD, tour partiellement électronique sur laquelle on pouvait appuyer sur un bouton juste en-dessous de l’image du disque et un extrait était alors joué, dans des hauts-parleurs inclus ou dans un casque. On trouvait ces présentoirs dans les jardineries, les boutiques ésotériques, quelques fois en grandes surfaces. La belle époque de la musique New Age, méditative, ambiance nature avec ses sons d’orage, de pluie, de mer, ses chants de baleines et de loups, et plus largement tout ce qui était de l’ordre de la World Music. Grâce à ces présentoirs, je me suis découvert un amour sans nom pour l’Ecosse et l’Irlande, et plus tard pour les chants traditionnels de ces pays et ceux plus lointains encore.

Je dois dire que de tous les CD proposés dans tous ces présentoirs, « Avel et Mor » est de loin le numéro 1, l’insurpassable, pas même l’inégalé. Il faut dire que le travail de Philip N’Bess, pianiste et compositeur français, est assez extra-ordinaire, plutôt connecté, pour ne pas dire divinement inspiré. Karin Nobbs, elle, est une compositrice allemande, qui va produire avec Philip plusieurs autres albums dont je vous parlerai un jour, je pense. Ce duo fabuleux, d’abord amoureux du jazz, a offert à la musique New Age de quoi régaler les âmes, vraiment !

Mais qu’a t-il de si merveilleux, cet album ?! Vous êtes en droit de vous le demander et d’ailleurs, nous sommes là pour ça. 😉
Ce que « Avel et Mor » a de si particulier, et qui était assez novateur dans ce genre, c’est que c’est un concept album. On peut lire en sous-titre « les fiançailles de la Mer et du Vent ». Bon, rien qu’avec cela, j’étais conquise pour une écoute très attentionnée. Vendez-moi du romantisme, onirique, façon musique celtique, avec des sons de nature et un emballage de légende : je suis votre cliente fidèle à vie !

A travers sept pistes aux titres évocateurs, l’histoire qui nous est contée par les instruments et quelques légers vocaux de Karin Nobbs, est celle d’Avel (le Vent) et de Mor (la Mer) qui, décidant de s’aimer, s’unissent en de brumeuses fiançailles. Hélas ! La Mer se fait d’huile, sans vagues, et le Vent retient son souffle, l’un pour mieux aimer l’autre. Les oiseaux se figent dans le ciel, les navires s’immobilisent, et toute la lande, et toute la Vie, se teintent de gris, sans plus de soleil ni de lune.
Cet amour égoïste, pourtant superbe, ruine peu à peu tous les coeurs, car nulle solution n’est trouvée pour faire reprendre à la Nature, son cours normal.

Pourtant, une jeune bergère, dont le coeur amoureux ne saurait être endormi par le brouillard, décide de jouer de sa flûte pour conter sa seule tristesse, qui est de ne pouvoir vivre cet amour avec le jeune marin qui l’aime en retour. Appelé par ces notes incantatoires, ce dernier lui répond en cornemuse et bientôt tous suivent leur musique, par amour, imitant ainsi les éléments de l’eau et de l’air. Le soleil effectue une trouée, et le Vent, furieux, part s’engouffrer dans les falaises, faisant se mouvoir la Mer.

Depuis, on dit que le Vent chasse encore les bergères amoureuses dans la lande, et que la Mer chahute les marins, cela pour se venger d’avoir brisé leur étreinte silencieuse. Mais, bien trop épris l’un de l’autre, pourtant conscient de leurs rôles, Avel et Mor parfois s’unissent encore, protégeant leur baiser d’un voile de brume.
Pensez-y lorsque sur les plages d’Irlande vous vous promènerez…

Avec cette légende, le projet s’est offert des mélodies douces, enchanteresses, propice au rêve, à l’espoir. Je ne sais pourquoi mais, quand je l’écoute, il n’y a plus ni passé ni futur, seulement une plongée profonde dans les abysses de l’imagination. L’instant n’appartient même pas à ce que l’on appelle « le présent », puisqu’il va au-delà de toute conception temporelle. On est ailleurs, sur les rivages d’Isle-Etait-Une-Fois. Ailleurs. Tout en étant délicieusement là.

Voici donc mon hommage à ce bijou que je chéri, et j’espère de tout coeur vous avoir partagé ce qui sera peut-être pour vous, une pure découverte.
Pour vous le procurer, sachez que ce sera désormais du côté des occasions, mais il n’est pas rare. Et puis, si vous n’y tenez plus, parce que je vous aurais merveilleusement bien vendu le produit 🤭, vous pouvez écouter l’album en entier sur la chaîne YouTube de Karin Nobbs :

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