BILLET D’ÂME – TOME 2 – LE THÉÂTRE DES LANGUEURS

Recueil de poèmes
Novembre 2023
106 pages

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Quatrième de couverture

2011 – 2018
Quatre actes poétiques dont les scènes se veulent être tour à tour, hymne à l’amour, ode à l’absence, éloge à la poésie, louange à l’absolu, non sans un délicieux érotisme venant sublimer le Romantisme.

Quelques poèmes…

Vulnerant omnes, ultima necat.

L’heure sera idéale, sur la vieille comtoise,
Elles seront bleues –l’heure et la voûte des cieux –,
Les branches s’étireront en ombres chinoises
Sous le ciel traversé de vespertilions malicieux.

Assise sur le banc, entre le charme et le noyer,
Je me régalerai de leur silencieux et aérien ballet.
Aux premières loges, rêveuse privilégiée,
Comme à chaque fois, je m’en exalterai.

Ce sera un cœur d’été, dans la fraîcheur du soir,
Quand le chant des oiseaux diurnes touche à sa fin,
Au premier hululement, au miaulement du chat noir
Qui sous ma paume se love. Le jour s’éteint.

L’heure sera fatale mais, le sourire aux lèvres,
Rouges de baisers, hydratées de prières,
J’aurais eu le temps d’écrire tous mes rêves,
D’aimer, beaucoup, et toujours plus qu’hier.

La date, je ne la sais ni ne la saurai jamais.
Mais c’est bien au jardin, à l’heure bleue,
Qu’une main sur le cœur je vous murmurerai :
« Il est temps pour moi de mourir, adieu ! »

Reviens-moi

Reviens cette nuit combler le silence,
Rendre hommage à nos langues mortes.
J’aime tant y retrouver notre évidence,
T’aimer tant et trouver ouverte ta porte.

Mes fantasmes en sont devenus l’unique clé,
Passe-partout d’âme en serrure de château.
Je te reconnais d’une caresse, d’un baiser,
D’un regard ou au parfum de ta peau.

Oui, reviens au moins hanter mes tristes nuits…
Mordre dans la chair de mes songes agonisants.
Brode un mensonge pour Hypnos ! Dis-lui
Que ce soir l’encre doit couler plus longtemps.

Et sans te trahir, reviens-moi en secret
En nos velours cousus de perles et de saphirs.
Ne dis rien si tu le veux, car mon cœur sait.
Il pleure sous le corset broyant tous nos soupirs.

Mais penche-toi sur mon visage fardé d’illusions
Laisse-moi saisir le tien entre mes mains,
Tandis que mes lèvres, closes depuis ta réclusion,
Content l’attente et accueillent les tiennes enfin.

Ô le doux rêve qui devient cauchemar !
Terrible châtiment lorsque point le jour !
L’aube est une cruelle tueuse d’espoirs
Achevant les cœurs en proie au fol amour.

Ô Silence !

Je suis Cyrano sur la branche d’amour
Déclamant les secrets des âmes qui,
Faute de ne pouvoir se faire la cour
S’offrent des sérénades dans la nuit.

Ainsi que Thisbé l’oreille contre le mur,
J’imagine la mienne contre ton cœur.
Passent à travers la nouvelle fissure,
Les bribes étouffées de notre bonheur.

Ô Silence ! Toi qui sans cesse m’entraves.
Dis-lui que mes paumes n’ont plus de lignes,
Qu’en les siennes elles s’enclavent
Retenant prisonniers nos Sept Cygnes.

Je suis Roxane courtisée par les sots,
Quand j’attends ta verve terrible et superbe.
Certes, les visages sont bien beaux
Mais, Dieu ! Quelle laideur devant ton verbe !

Là, une étoffe de toi en bandeau
Sur mes paupières noyées de tristesse,
Je suis Pyrame tenant le couteau
Dévasté par l’absence et la détresse.

Ô Silence ! Toi qui es père de Folie.
Ne laisse pas saigner les amants
Qui s’adorent et paient de leur vie,
Tout l’or des jours mourants.

Frénésie des Asphodèles

Vous a-t-on dit combien vous ressembliez
À ces nymphes à moitié nues qui, nageant
Dans le bassin-aux-oiseaux, sans se méfier,
Attisent l’ardeur de quelques galants ?

Vous rougissez et pourtant ne devriez !
La nature devrait se parer de miroirs
Sur tous les chemins que vous arpentez,
Afin que vous puissiez par vous-même le voir.

Votre sourire à sa propre poésie
Et nos yeux lui répondent avec émoi.
Ah ! Comprenez, ma douce Frénésie
Qu’il m’est difficile de ne pas avouer cela !

De votre blanche gorge à votre corsage
Se dessine un véritable chemin de croix,
Quand mes mains esquissent en un mirage
La caresse que je vois et qui n’existe pas !

J’erre en vain dans la plaine des asphodèles,
Parmi ces représentantes de l’amour perdu,
Qui chantent en chœur, avec force et zèle,
L’hymne du damné qui d’un baiser mourut.

Table des matières

Acte 1
Lune
Wild Horse
Ci-gît Silence
Douleur d’être
L’emprise de Malchance
Marionnette
No one can help me now
Les poètes
Mademoiselle de Givre
Frénésie des Asphodèles
L’encre de vie
On ne se consacre pas à la poésie
Acte 2
Songe d’une nuit de printemps
Ces fragments d’éternité
Lacrimosa
La cicatrice
Il sera trop tard
Le gouffre de Saint-Michel
Acte 3
Nocturne n°1
Columba Livia
Les heures perdues
Sacrilège
Phantasma
Lilian & Liliane
T’écrire
Le divin astre
La barque-plume
Susanowo
Je voudrais que tu m’embrasses
Fontaines lacrymales (On a road to nowhere)
Mon amour, mon amour
Ferme les yeux
Ô Silence !
Flottement
L’âme de ma vie
Et Mort Agit…
Reviens-moi
Les immortels
Lis-moi une histoire
Transcendance
Possédé
Les amants dans le ciel
L’Absolu
Luciola Lusitanica
L’invitation
Acte 4
Secret
Souvenir de l’Ailleursonges
Vulnerant omnes, ultima necat.