BILLET D’ÂME – TOME 1 – MÉLANCOLIQUE LÉGION

Novembre 2023
80 pages
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Quatrième de couverture
Retrouvez dans ce recueil les lambeaux d’une époque torturée. Gardien de secrets, du Crèvecoeur au velours des promesses, laissez-vous guider entre ces pages par sa Majesté Morte-Cire d’Effroi.
Mots de passe, maux d’amour, ces billets d’âme sont les soldats d’une Mélancolique Légion, dont ce recueil constitue le premier tome, regroupant des textes choisis oscillants entre 1998 et 2009.
Vous épargnant les poèmes de la première heure, la Poétesse vous souhaite d’y trouver le plaisir qu’offrent les Ombres aux amoureux du Romantisme.
Quelques poèmes…
Dolori resistere
Excusez-moi si de ma peau suinte la douleur.
Ce ne sont que des gouttelettes que j’évacue
D’un cerveau qui avait mal, et cette vapeur
Transpire pour me laver d’un vécu.
Je sais que cela n’est pas très beau à voir.
Croyez que je lutte contre tout cela, vraiment !
Contre ces manifestations du corps, ses déboires,
Contre tout, contre rien, fantômes et revenants…
Je souffre d’une instabilité corporelle. Je disparais.
Parce que mes chairs voulaient cacher la vérité,
Le métal que j’avais posé sur mon cœur de jais
A cédé sous la douceur, la foi nouvelle, la beauté.
Je ne sais pas ce que je devrais ressentir.
Je flotte, emportée par une nouvelle marée,
Laissant mes espoirs pour ne pas ralentir
Ce navire fou qui chavire sans jamais sombrer.
Et me voilà cette nuit endurant mille maux.
Mon âme se bat tandis que ma peau cède
Sous une sueur acide… Il fait si chaud…
Je fonds, je m’efface. Adieu ! Je décède.
Je voyage entre vie et mort.
J’entrevois vos si rares sourires,
Je capture des mots stériles et m’endors,
Esprit défiguré, sur un long soupir.
Les araignées
Les araignées me semblent fatiguées ce soir
Comme lasses de tisser des toiles immenses
Au cœur d’une maison sans jamais pouvoir
Y piéger le bel insecte qui dehors danse.
Leurs grandes pattes s’étalent sur le mur peint
Aiguilles molles que l’ombre aime allonger,
Allant lentement regagner un petit coin
De la pièce où rien ne saura les rassasier.
À l’image de nos vies qui tissent sans cesse
La toile du Destin, sur le fil d’amour bleu,
L’araignée suit l’unique instinct qui la presse,
Créer son piège en attendant toujours mieux.
Avec effroi, face à ton apparence ingrate
Je t’ai capturée puis t’ai posée sur la fenêtre,
Hors de ma toile qui à l’intérieur déjà se gâte.
Demain, la tienne sera plus belle peut-être.
Mélancolique Légion
Je cherche une raison à cette tristesse démesurée,
– En quel honneur ? – Un fait à ce pesant silence.
Serai-je l’enfant des romantiques blessés,
Ou la victime d’une malheureuse romance ?
Je crois que voici la douce Mélancolie,
Ma reine, l’oriflamme de ma bataille,
Ma plénitude, ma Muse, ma folie,
Celle que fièrement je sers sans faille.
Oui, je vous sers, vous serai toujours dévouée.
Désormais mon encre coule en votre nom,
Car je me suis volontairement engagée,
Fascinée, dans votre Mélancolique Légion.
Poète pourvu d’une plume noire,
Soldat sans médaille parmi tant d’autres,
J’occis par les vers tous vains espoirs,
Jusqu’à la victoire du poème qui est vôtre.
Ainsi je sers sous l’écarlate bannière
De la superbe déité des poètes maudits,
Vous, Mélancolie, qui sans manière
Offrez votre baiser nommé Ennui.
Morte-Cire
Parce que la flamme a renié la mèche
La bougie s’enténèbre d’ombres.
Des larmes de cire encore fraîches
S’ajoutent aux anciens décombres.
Ruine constante de coulures en couleurs
Elle perche sur un bougeoir endormi
Dont les pampilles de cristal meurent
Silence après silence, nuit après nuit.
J’ai, sur l’autel de mes amants maudits,
De vieilles veilleuses sans emploi,
Silencieuses Dames de compagnie
De sa Majesté Morte-Cire d’Effroi.
Clochette n’habite plus la féerique lanterne
La crypte a éteint ses grands flambeaux.
Plus rien n’éclairera l’abandonnée caverne
Qui gardait jadis la relique de vos peaux.
Mais l’obscurité n’est pas assez opaque
Pour cacher au monde la flagrante vérité
– Dénudée ! – Que l’on use d’un masque :
La mèche noircie trahit le feu du passé.
Souffrez, mais demeurez
Souffrez, mais demeurez,
Je vous veux en chairs entaillées,
Et, Mademoiselle, de la poésie !
Votre sang doit être l’encre de la folie.
Vous me paraissez encore plus belle,
Là, souffrante, dépourvue de tout zèle,
Vos larmes, ô divins diamants,
Sont pour moi l’or de votre esprit dément.
Vorace ! Vous mangez votre cœur ?
Puis-je en boire le sang comme liqueur ?
Et me saouler, ivre de vous, transformé !
Pour apprendre à souffrir, mais à demeurer.
Table des matières
Plume du Manque
Rayons de brume
Dolori resistere
Ultima forsan
Mélancolique Légion
Le long de mon deuil
Sombres regrets
Étiolement
Crèvecœur
L’âme en moins
Forage
Qui es-tu ?
Ta sensibilité
Flèche
Le spectacle du réveil (Leave me alone)
Videz-moi !
Apocalypse
Noir d’encre
Crainte
Création
Inconscience
Le bazar de l’âme
Mon triste océan
Usure
Gestation
De connivence
Souffrez, mais demeurez
Souvenir d’enfance
Folie
Abandon
Dissolution
Paranoïa
Conscience tronquée
Dessèchement
Aube indigo
Autoportrait
Entre hier et demain
Les araignées
Du verbe !
L’arbre à ecchymoses
Le bouquet
Mon état de grâce
Loin de toi
Esquisse de ton sommeil
Zéphyr
Du velours
Un hiver de patience
L’enclume
Délire ferroviaire
Mise à mort
En attendant ton baiser
Basilic
Morte-Cire
La boîte à musique
Rêverie au clair de lune
