INCARNATIONS
(Lucy Dayrone & Gabriel Leroy)

Recueil de nouvelles
Mai 2024
182 pages

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Quatrième de couverture

Recueil indescriptible, « Incarnations » est le fruit de la poésie, qui s’est gorgé d’onirisme au soleil de l’amour passionné.

Proses enchantées, visions fantasmagoriques, la beauté de ces textes vous feront entrer dans l’univers fascinant de l’Être Unique, où deux ne font plus qu’un, où l’amour fusionnel s’exprime dans un florilège de renaissances.
Allégories merveilleuses, contes fantastiques, légendes d’outre-tombe ou récits érotiques, la passion d’aimer y est sublimée jusqu’à la transcendance.

C’est tel un lierre amoureux que le ruban des mots d’amour s’enroule autour de ces pages, grimpant toujours plus haut, vers l’absolu.

Voulez-vous respirer le vertige ?
Ouvrez ce livre…

Quelques extraits…

« Le bain de roses » de Lucy Dayrone (extrait)

Au caldarium veillaient les statues d’Amour et Psyché, penchées sur leurs socles comme voulant se mirer dans l’eau chaude, de part et d’autre d’une imposante piscine en pierre.
Les volutes de vapeur s’élevaient à travers l’air moite de la pièce en demi-lune aux murs humides. De petites gouttelettes translucides, parfumées des huiles évaporées des brûleurs, perlaient au plafond dont la pierre rugueuse semblait capturer à travers elle la lumière des bougies. Piquées sur des candélabres aux bras torsadés, des reines de cire soupiraient, diffusant dans le métal qui les immobilisait, un peu de cette chaleur les dévorant de l’intérieur.

Hormis ces expirations silencieuses, rien ne venait troubler la quiétude de l’endroit. Mais la nuit tombait, et bientôt deux souffles renaîtraient en ces lieux vidés des hommes. Deux souffles désireux, au baiser, de n’en être plus qu’un.
Par les aérations, l’on pouvait voir les nuages se teindre en bleu sous un ciel d’encre, transpercés des rayons d’une lune pleine. Alors, une succession de craquements résonnèrent, d’abord comme de l’argile s’effritant, puis comme des os au sortir d’un sommeil de plomb. La chair remplaçait l’albâtre et le monde accueillait deux mythologiques amants, plus beaux, plus purs que tout être ici-bas.

Sur une petite table de marbre trônait un coffret de bois sculpté, laissé là à leur intention, en offrande. La main d’Amour se posa sur les nervures, fit jouer les charnières d’or et laissa s’échapper un parfum floral, seul capable d’embaumer la délicate peau de sa déesse. Gisaient au fond du coffret, les pétales rouges de quinze sacrifiées, destinées à vêtir Psyché en son bain nocturne.
De poignée en poignée, il souffla sur les pétales qui s’envolèrent au-dessus du bain, perdus dans les vapeurs, retombant doucement sur l’eau, tournoyant au rythme des ondes…

Un pied laiteux au reflet d’ambre troubla la surface de l’eau. Une étoffe glissa sur le rebord pour aller mourir avec grâce sur le sol. La déesse aux flancs minces laissa les pétales s’amouracher de ses hanches jusqu’à son ventre, habiller la rondeur de sa blanche poitrine et nouer à son cou un collier de velours rouge. Sa blonde chevelure, relevée en un chignon antique, laissait quelques mèches retomber sur ses épaules, effleurant la surface de l’eau devenue fumante.

Guest of my vault (Lucy Dayrone & Gabriel Leroy)

Sur mon crâne tombaient des cendres de lumière
dévorant tout à coup mon sommeil. Un corbeau
de sa serre maudite en creusait la poussière.
C’était vous, sombre sœur, qui frappiez au tombeau…

Murmures anciens d’une main de soie
Désensablant en caresse mon lugubre Eden.
Ma couche d’ombres s’effrite, cède sous vos doigts
Qui étreignent mon pesant silence, Ô Souveraine.

De vos cheveux perlés de lune pleine
le manteau fastueux ruisselle sur mon lit.
Je laisse m’éveiller la noire cantilène
et mon âme se pendre à vos lèvres de nuit.

Puissiez-vous aspirer le néant qui m’emplit
Affame mes orbites, creuse mes flancs,
Tant que la nocturne complainte gémit.
Sous la paupière stellaire, l’aube attend.

Tout n’est plus que solstice. À ces blancs paradis
pourrais-je préférer les marbres de ma stèle ?
Une aurore si pâle a pour les cœurs maudits
le charme d’une amante à jamais infidèle.

Le sourcil encore baigné d’un reflet vespéral
Elle souffle sur moi des mots incantatoires,
Puis dans mon antre pourrissant se love sans mal
Tous deux recouverts par sa chevelure de moire.

Aspirés l’un dans l’autre, unissant nos parfums
aux cadavres des fleurs, nos deux êtres se mangent.
Dans un instant nos corps ne seront plus que fange
Et…

« Entre les lignes » de Gabriel Leroy (extrait)

Il devait être tant de vies enfermées dans ces encres. Et pourtant, cloitré sous les reliures, tout ne semblait fait que d’absence. Comme chacun des livres, l’endroit lui aussi était fermé du monde. Cette femme était-elle elle-même captive d’une histoire ? Qui prendrait l’initiative de soulever la couverture, d’entrouvrir le secret de cette vie ? Par les carreaux, la lumière vitreuse pénétrait à peine les voiles de solitude. Le regard de la belle était comme ce papillon perdu qui se heurtait contre les vitres. Le souvenir de son amant ne pouvait pas sortir de ce salon, et lui n’y pouvait pas entrer.

Table des matières

NUIT APRÈS NUIT
ÂME FENDUE
EN FORÊT DE LÉGENDE
ROMANCE EN TROIS ACTES
INCARNATION ASSASSINE
LA MER CAPTIVE
COUTURIÈRE DU MYTHE
GUEST OF MY VAULT
LA NAUFRAGÉE
MORPHÉE
INCARNATION ÉLÉMENTAIRE
PRIÈRE À LA TISSEUSE
LUNÉLAUTRE
MA REINE DES CIMETIÈRES
FANTASMAGORIA
LUNAIRE ET PURE
LES AMANTS DE TERUEL
LE DRAP D’UN RÊVE
FÉLINE NOCTURNE
LOVE CATACLYSM
TEA FOR TWO
L’ÉCHARDE
LE BAIN DE ROSES
INCARNATION SONORE
AMARANTE
ENTRE LES LIGNES
LA BELLE ET LE RIMEUR
VIOLONE-MOI !
ON NE MEURT QU’À MOITIÉ…
RUISSELLUI
LE KYRA
LA OU LES VEINES SONT LIANES
INCARNATION RETROUVÉE
L’EFFLEURE
INFERNAL, SÉRAPHIQUE
RENAISSANCE