Ici pleure l’enfance
Où donc s’est envolée la grive du passé ?
Celle-là même qui habitait en mon sein ;
Joyeusement elle babillait en été
Chantant pour ensorceler les matins.
Ô comme j’aurais voulu – ô mon rêve ! –
Qu’une note puisse les rendre éternels,
Que l’été de l’enfance jamais ne s’achève.
Hélas, la sorcellerie n’empêcha pas le gel.
Où donc loge la grive de mon coeur
A présent que l’hiver épouse la nuit ?
Est-elle morte aux jardins des pleurs,
Là où l’eau est lait de mélancolie ?
Désormais mes heures tournent en prison
En la cellule de mon esprit ravagé ;
Chanter, quand il pleut de la déception,
N’est pour elle pas chose aisée.
Cette insatiable musicienne des bois
Qui se contentait du minimum,
Me semble s’être noyée malgré moi
Dans l’eau du rêve ou du laudanum.
L. Dayrone – Poème issu de mon recueil « Billets d’âme – Tome 3 – Saison de cendres » à paraître.

